Étiquette : PolicierPage 1 of 6
« Les affaires invraisemblables, les manières de tuer les plus dingues, les mystères irrésolus depuis des années, les psychopathes à faire craquer, toutes ces enquêtes dont personne ne voulait, [le Commissaire] Lefleg les recherchait et les acceptait comme une thérapie du pire. Au milieu de cette foule de détraqués, il finissait par se trouver presque normal. »
« Camille extirpe son plat cuisiné du micro-ondes. Une moussaka au bœuf. Elle mange à même la barquette en aluminium. Elle contemple cette chambre sinistre de la caserne de La-Roche-Sur-Yon, plongée dans la nuit, où elle loge depuis maintenant une semaine. Un lit une place, une kitchenette, une table et une chaise, un fauteuil en skaï à la couleur indéfinissable, un coin douche-W-C. Elle se sent au bout de sa vie. »
« Arrête de me prendre pour un perdreau de l’année ! Ton patron est pas là, alors c’est l’heure de lâcher le paquet ! Et il vaut mieux me parler à moi que de se retrouver entre les paluches de mon gros collègue qui a une fâcheuse tendance à claquer le beignet des muets et à leur laisser, en guise de cadeaux, des trèfles à 5 feuilles en travers de la figure. Et tu verras à ce moment que le trèfle à 5 feuilles, ça porte pas bonheur. Je dirais même que ça picote ! En plus, il s’applique le bougre, c’est un orfèvre de la taloche, le bonhomme. Alors tu baves ou je t’arrange un rencard avec mon torgnoleur en chef ? »
« Des talons claquaient devant lui. Des jambes de femelles pratiquement nues, qui arpentaient le trottoir. Elles étaient partout, innombrables paires. À cette heure, les terrasses des bistrots et des restos étaient bondées. Des jeunes femmes et des moins jeunes caquetaient, remuaient, faisaient les belles devant des pseudo-mâles en dégénérescence, minets fragiles aux looks métrosexuels ou hipsters. Tout ce petit monde se mentait. »
« Boris ne viendrait jamais me débaucher. Ça ne se faisait pas dans ce milieu, ni avec les copines, ni avec les avocats. Une certitude qui m’avait d’ailleurs fortement rassuré toutes ces années. Cela ne m’aurait pas beaucoup amusé que Dragan perde la tête en m’arrachant la mienne et me cloue à la porte de Boris en signe de vengeance. »
« Combien d’hommes vivaient paisiblement avec une seconde épouse après avoir prétendu que la première avait rejoint ses ancêtres quand elle n’avait rejoint qu’un amant ? La bigamie était pourtant considérée comme un péché mortel. Tant que personne ne faisait de scandale, l’Église savait faire preuve de surdité sélective. Mais la peste avait rebattu toutes les cartes et nombre de malheureux s’étaient retrouvés brûlés pour des crimes supposés qu’ils ne leur auraient valu qu’une tape sur les fesses en temps normal. »