Étiquette : livrePage 1 of 38
« La politique, comme la guerre, était affaire d’hommes. Alors ils tuaient les plus réfractaires, pour montrer l’exemple. Et ils excisaient les fillettes, pour que jamais elles ne connaissent l’orgasme. Car une femme qui jouit, c’est le début des ennuis. Ça jouit et puis après ça demande les mêmes droits, ça se présente aux élections et puis ça finit par vous foutre le bordel dans le pays. »
« Des talons claquaient devant lui. Des jambes de femelles pratiquement nues, qui arpentaient le trottoir. Elles étaient partout, innombrables paires. À cette heure, les terrasses des bistrots et des restos étaient bondées. Des jeunes femmes et des moins jeunes caquetaient, remuaient, faisaient les belles devant des pseudo-mâles en dégénérescence, minets fragiles aux looks métrosexuels ou hipsters. Tout ce petit monde se mentait. »
« Cinquième jour (suite) – La vie cogne sur mes paupières. Je cligne des yeux, une fois, deux fois, mais les garder ouverts me fait mal. Ma tête est un œuf fracassé. Un bruit s’échappe de ma gorge. Il se situe quelque part entre un grognement et un gémissement, la plainte sourde et animale d’une créature prise dans un piège. J’essaie de me redresser, mais la douleur est un océan qui clapote autour de mon crâne. Je n’ai pas la force de le soulever. »
« Boris ne viendrait jamais me débaucher. Ça ne se faisait pas dans ce milieu, ni avec les copines, ni avec les avocats. Une certitude qui m’avait d’ailleurs fortement rassuré toutes ces années. Cela ne m’aurait pas beaucoup amusé que Dragan perde la tête en m’arrachant la mienne et me cloue à la porte de Boris en signe de vengeance. »
« Combien d’hommes vivaient paisiblement avec une seconde épouse après avoir prétendu que la première avait rejoint ses ancêtres quand elle n’avait rejoint qu’un amant ? La bigamie était pourtant considérée comme un péché mortel. Tant que personne ne faisait de scandale, l’Église savait faire preuve de surdité sélective. Mais la peste avait rebattu toutes les cartes et nombre de malheureux s’étaient retrouvés brûlés pour des crimes supposés qu’ils ne leur auraient valu qu’une tape sur les fesses en temps normal. »
« Ainsi le fantasme de Brigitte était […] que la bite de son mari soit un sujet de discussion, que tout le monde l’analyse comme un insecte sous une loupe. Elle avait aimé son petit visage tout gêné de petit homme chéri. Il avait été si brave qu’elle laverait les vitres toute la nuit s’il le voulait. »