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« – Bon, je comprends, dit le policier en jetant un coup d’oeil à sa montre. Vous m’avez parlé d’un kidnapping, ça concerne qui ?
– Euh… personne en particulier. Nous avons kidnappé les tableaux du Musée national.
– Ah, c’était dans ce sens-là. Et comment avez-vous fait ?
– Nous les avons décrochés et mis sur le déambulateur
– Oui, oui, je vois. Puis vous les avez emportés chez vous. Avez-vous d’autres délits à signaler ? »
« Vigo roula l’emballage de ces croissants, le jeta au bas des marches puis observa les passants qui déviaient pour éviter le maigre obstacle. Amusante cette manière d’agir sur les courbes de vie sans le moindre effort. Là, cette femme avec son sac rouge. Hop ! un pas de travers à cause de la boulette. Une demi-seconde dérobée à sa matinée. Une action qui allait se répercuter sur des milliers de gens, des milliards d’atomes. Elle allait croiser d’autres personnes que celles initialement prévues –prévues par qui ?–, influer inconsciemment sur leur rythme, leur comportement. L’air se déplacerait d’une façon différente, les odeurs aussi, de timides molécules olfactives donneraient soudain l’envie au buraliste du coin de fumer et donc de servir un client 5 secondes plus tard. Pressé, plus nerveux, l’homme roulerait un peu plus vite au retour. Pas grand chose, peut être 1 km par heure supplémentaire. Son attitude jouerait sur une infinité de trajectoires, de comportements, qui eux-mêmes … »
« J’ai regardé James avec dans l’œil le plein de bonté parce qu’ils faut toujours montrer au con qu’il est un con plein de bon sens. Le con est un animal grégaire qui aime à être rassuré par des mots simples qu’il pourrait lui-même assembler jusqu’à pondre une phrase sensée. Et comme on ne traite pas un con de con sans un minimum d’indulgence, j’ai accompagné la suite de mon laïus d’un petit sourire bienveillant. »
« Mes sens ont été assaillis par l’odeur viciée de l’endroit : transpiration, lubrifiants et fluides corporels indéterminés se mélangeaient et supplantaient les effluves de désinfectant industriel. […] L’homme était grand. […] Il tenait une laisse en cuir noir au bout de laquelle était attachée une femme mince, vêtue de cuir des pieds à la tête. Seuls ses yeux étaient visibles, nous scrutant dans la fente de la cagoule. Sa bouche était dissimulée derrière une fermeture Éclair. Elle se tenait voûtée, se traînant derrière lui à petits pas irréguliers, comme si elle était blessée. »