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« Muséum » – Véronique Roy

« Les faits qui suivirent parlent suffisamment d’eux-mêmes pour ne pas nécessiter de commentaires indiscrets. L’observateur neutre et objectif se bornera à constater que les processus de séduction qui ont présidé au flirt de Léopoldine Devaire et de Johann Kircher d’une part, et à l’union de Laurence Himbert et de Peter Osmond d’autre part, ont suivi des cours très différents, et qu’on ne peut que s’émerveiller de la diversité des comportements humains. Néanmoins, il notera que ces déchaînements hormonaux intervenaient dans un contexte marqué par une suite de morts violentes. Faut-il y voir une simple coïncidence ou une relation de cause à effet ? »

« Vent de glace » – Patricia Cornwell

« Le Centre de sciences légales de Cambridge est plus propre que la plupart des cliniques de soins, et la salle dédiée à la récupération des tissus, cent fois plus stérile qu’une salle d’opération hospitalière. Les patients déclarés en mort cérébrale peuvent y être transportés toujours sous assistance respiratoire, et les organes, yeux, peau et os, récupérés sans perdre de temps. Les morts au service des vivants et les vivants au service des morts. »

« Comme une tombe » – Peter James

« T’as jamais pensé à la sauter ?
–  Si, une nanoseconde. Ou plutôt une femtoseconde. C’est la plus petite unité de temps, non ?
–  Ce serait bon pour ta carrière.
–  J’ai un meilleur plan de carrière.
–  Lequel ?
–  Ne pas essayer de sauter le commissaire principal. »

« Des enfants trop parfaits » – Peter James

« C’est l’un des défauts de notre espèce. Nous avons échoué à évoluer émotionnellement au rythme de nos avancées technologiques. Nous serons bientôt capables de voyager à la vitesse de la lumière, mais nous ne savons toujours pas comment gérer la colère qui nous anime. Notre seule réponse aux problèmes, c’est la violence. Chaque matin, je lis l’actualité dans le monde. Comment pourrais-je persuader mes enfants que nous savons gérer les conflits différemment ? »

« Le poète » – Michael Connelly

« L’excitation qui émanait du haut-parleur et régnait dans la salle de réunion était presque palpable. Toutes les pièces du puzzle s’assemblaient les unes après les autres. Et demain, ces agents allaient enfin mettre le grappin sur ce salopard.
– Ah, j’adore l’odeur du napalm au petit matin, déclara Thorson. Ça sent…
– … la victoire ! s’exclamèrent en choeur toutes les personnes présentes dans la pièce et par téléphone. »

« Dompteur d’anges » – Claire Favan

« Chaque matin avant de se rendre à son travail […] elle s’arrête à l’église pour s’agenouiller devant l’autel afin que Dieu entende ses prières. Histoire qu’elle ne se fasse plus de mouron, il l’exauce. Tandis qu’elle vient juste de fêter ses trente-cinq ans, un camion la fauche sur un passage piéton. »

« Entre deux mondes » – Olivier Norek

« Pour la trois cent seizième fois, le flash éclaira le hangar. […] À la fin de cette première journée, les cadavres n’étaient déjà plus pour lui que des œuvres abstraites, travail d’un peintre à la palette monochrome rouge d’une perversité remarquable. Probablement la seule manière de ne pas perdre les pédales. »

« Jusqu’à ce que la mort nous unisse » – Karine Giebel

« Mais ce matin, il ressentait cet étrange sentiment de destruction dans ses veines. Sentation d’étouffement, malaise familier qui s’imposait à lui comme une évidence. La liberté est synonyme de bonheur ; et cette fille qui préparait son petit déjeuner, chez lui, dans sa cuisine, était une souffrance. »
Ou :
« Peut-être simplement parce qu’il partait du principe que les bonnes femmes sont trop compliquées. Et qu’il n’aimait guère se compliquer la vie. » L’auteure semble savoir de quoi elle parle…