Étiquette : ThrillerPage 1 of 6
Avec le déchiffrage du génome humain, le vieux concept d’assurance maladie est bon pour la poubelle. Grâce à des tests faciles à réaliser, les gens destinés à coûter un paquet d’argent peuvent être repérés grâce à leur ADN. Et puisque les compagnies ne peuvent pas faire de discrimination, d’un point de vue économique ne serait-il pas préférable de s’en débarrasser ?
« Car le monde appartenait au Verbe et il avait été celui qui savait en jouer. Un discours émaillé d’un vocabulaire adapté à son auditoire, modulé par une voix agréable, pouvait vous faire avaler des tombereaux de théories fumeuses. […] Cependant, pour que le charme opère, il fallait […] ne pas regarder par terre où se trouvait cette enfant, les cuisses écartées, violée. »
« Vigo roula l’emballage de ces croissants, le jeta au bas des marches puis observa les passants qui déviaient pour éviter le maigre obstacle. Amusante cette manière d’agir sur les courbes de vie sans le moindre effort. Là, cette femme avec son sac rouge. Hop ! un pas de travers à cause de la boulette. Une demi-seconde dérobée à sa matinée. Une action qui allait se répercuter sur des milliers de gens, des milliards d’atomes. Elle allait croiser d’autres personnes que celles initialement prévues –prévues par qui ?–, influer inconsciemment sur leur rythme, leur comportement. L’air se déplacerait d’une façon différente, les odeurs aussi, de timides molécules olfactives donneraient soudain l’envie au buraliste du coin de fumer et donc de servir un client 5 secondes plus tard. Pressé, plus nerveux, l’homme roulerait un peu plus vite au retour. Pas grand chose, peut être 1 km par heure supplémentaire. Son attitude jouerait sur une infinité de trajectoires, de comportements, qui eux-mêmes … »
« Mes sens ont été assaillis par l’odeur viciée de l’endroit : transpiration, lubrifiants et fluides corporels indéterminés se mélangeaient et supplantaient les effluves de désinfectant industriel. […] L’homme était grand. […] Il tenait une laisse en cuir noir au bout de laquelle était attachée une femme mince, vêtue de cuir des pieds à la tête. Seuls ses yeux étaient visibles, nous scrutant dans la fente de la cagoule. Sa bouche était dissimulée derrière une fermeture Éclair. Elle se tenait voûtée, se traînant derrière lui à petits pas irréguliers, comme si elle était blessée. »