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« M, le bord de l’abîme » – Bernard Minier

« Ce qu’il y a d’extraordinaire avec le data, c’est que désormais nous pouvons trouver des millions d’aiguilles dans des milliards de bottes de foin. […] Les gens mentent. Par omission, par cynisme, par honte, par intérêt ou pour donner ou avoir une meilleure image d’eux-mêmes, ils mentent. À leurs amis, à leurs proches, à leur patron, à leurs collègues, et aussi aux psychologues et aux questionnaires, et bien sûr à eux-mêmes… Mais une fois euls et connectés, à l’abri des regards, ils partagent leurs frustrations sexuelles, leurs inquiétudes sur leur santé, leur haine des autres, tout ce qu’ils n’avoueraient pour rien au monde… […] Et que nous montre cette extraordinaire masse de connaissances nouvelles ? Un monde totalement différent de celui présenté par des générations entières de philosophes, de sociologues, de psychanalistes, d’écrivains, de théoriciens, d’idéologues. »

« Lost man » – Jane Harper

« Ce troisième roman confirme que l’Australienne maîtrise les codes du thriller en terre hostile. » (Le Monde des livres)

« Cassandra » – Todd Robinson

« Si je dégueule, tu me tiendras les cheveux ?
– Va te faire enculer.
– Ah, je reconnais bien là mon partenaire hétéro.
Je restai un moment en essayant de déterminer où j’avais le plus mal : aux couilles, à la main ou à l’orgueil. Pour l’instant, c’était les trois.
Toujours perspicace, Junior dit :
– Tu saignes de là, Boo.
– Merci, docteur. J’avais pas remarqué. »

« Mamie Luger » – Benoît Philippon

« Marcel était un piètre cuisinier mais un bon cogneur […], de la catégorie supérieure. Celle qui laisse des séquelles. Berthe, en plus d’avoir le vagin tuméfié, en a eu le coccyx pété. Va expliquer ça au médecin. Marcel s’en est bien sorti : chute dans l’escalier. « Ben voyons, j’ai le con en chou-fleur et le cul pété en deux parce que j’ai raté une marche. Et l’autre, il avale l’excuse. » […] Un petit biffeton et un coup de calva avaient aidé à valider le diagnostic. »

« Concerto à la mémoire d’un ange » – Eric-Emmanuel Schmitt

« Il en est des destins comme des livres sacrés : c’est la lecture qui leur donne un sens. Le livre clos reste muet ; il ne parlera que lorsqu’il sera ouvert ; et la langue qu’il emploiera sera celle de celui qui s’y penche, teintée par ses attentes, ses désirs, ses aspirations, ses obsessions, ses violences, ses troubles. Les faits sont comme les phrases du livre, ils n’ont pas de sens par eux-mêmes, seulement le sens qu’on leur prête. »

« Cadres noirs » – Pierre Lemaitre

« Le combat ne commençait pas à mon avantage. Tous les autres me regardaient, les bras croisés. L’humiliant, ce n’était pas seulement d’en prendre plein la gueule comme ça, dès le premier pas ; d’une certaine façon, c’est ce qui m’arrive en permanence depuis mon premier jour de chômage. Non, l’humiliant, c’était d’être la victime d’un événement prévisible pour tout le monde, sauf pour moi. Le gars qui a pillé tout ce que j’ai a simplement été le plus rapide de tous ceux qui m’attendaient. […] Je remarque d’ailleurs qu’ensuite, j’ai fait comme les autres : j’ai croisé les bras en assistant au spectacle. »

« Les infâmes » – Jax Miller

« Les idées suicidaires vont et viennent comme ça leur chante. Je n’ai aucun contrôle là-dessus, figurez-vous, c’est un job à temps plein. D’être malade mentale, si vous voulez appeler ça comme ça. J’vous jure, docteur, j’suis juste excentrique. C’est comme d’organiser une grande fête interminable pour un tas d’invités dont vous n’avez rien à secouer. Des parasites décidés à engloutir votre bouffe, qui ignorent les signaux que vous leur envoyez pour qu’ils dégagent de chez vous. C’est la meilleure façon de décrire ce qui se passe dans mon crâne. »

« Parasite » – Sylvain Forge