Étiquette : 2018

« Bonne nuit Maman » – Seo Mi-Ae

 

« Mamie Luger » – Benoît Philippon

« Marcel était un piètre cuisinier mais un bon cogneur […], de la catégorie supérieure. Celle qui laisse des séquelles. Berthe, en plus d’avoir le vagin tuméfié, en a eu le coccyx pété. Va expliquer ça au médecin. Marcel s’en est bien sorti : chute dans l’escalier. « Ben voyons, j’ai le con en chou-fleur et le cul pété en deux parce que j’ai raté une marche. Et l’autre, il avale l’excuse. » […] Un petit biffeton et un coup de calva avaient aidé à valider le diagnostic. »

« Allez tous vous faire foutre » – Aidan Truhen

« Je suis une putain de start-up criminelle asymétrique. J’ai une expérience limitée en matière de stratégie de guerre. Je fais du partage de bureaux, je sous-traite et je franchise, mais ce que j’ai surtout c’est un concept fondamental, un élan qui me pousse en avant, et le fait irréfutable que je suis plus taré qu’une boule de poils en fibre de verre. Je me fous du territoire. J’en ai rien à branler que le monde brûle. Je suis une zone autonome temporaire ambulante en pleine escalade nucléaire. »

« Toutes blessent, la dernière tue » – Karine Giebel

« Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux. Autrement, ça s’appelle survivre. Toute mon enfance, j’ai survécu. Désormais, je veux vivre. Ou mourir.[…] J’ai servi d’esclave à ceux qui ignorent la pitié. J’ai apprivoisé la peur, la solitude. J’ai appelé au secours, j’ai perdu ma voix, mon innocence et ma dignité. J’ai appris le silence, le deuil et la servitude. J’ai détesté, et même haï. J’ai aimé, si fort que je me suis consumée de l’intérieur. »

« Inexorable » – Claire Favan

« Elle n’envisage évidemment pas qu’il [son fils Milo, ndr] la tue physiquement. Elle pense plutôt que ce stress permanent qui ruine ses journées finira par la ronger de l’intérieur. Jour après jour, Milo creuse sa tombe. Elle ne sait pas si c’est la règle, ou si elle a vraiment tiré le gros lot, mais elle a fini par conclure que les enfants sont là pour détruire leurs géniteurs. Elle s’est fait tellement de mauvais sang pour son fils, qu’un jour son corps lui réclamera l’addition sous la forme d’un cancer ou d’un truc tout aussi grave et ravageur qui achèvera de lui pourrir la vie…  »

« Plus jamais seul » – Caryl Férey

« Sa mère priant pour son âme, son père pour qu’il arrête ses conneries, Mc Cash avait tué son enfance en couchant avec les filles des deux camps, sans distinction ni discernement. Il faisait des choses pas catholiques avec les protestantes, et vice versa, infiltrait l’ennemi par l’orifice, compensant son manque d’affection par une addiction féminine de tous les instants, quand la guerre et les bombes fratricides hurlaient autour de lui. Mc Cash […] rentrait la queue tordue à la maison, ivre le plus souvent, puant le sexe britton et la haute trahison. »

« Le voyage du canapé-lit » – Pierre Jourde

« Je frappe les quatre pieds en bois, […] plein ta gueule mais tu vas arrêter de nous faire chier saloperie de roghelpot de ta race de oueld el kahba d’arschloch de bahi-bouzouk ta mère la pute en string à Auchan ! Pine de rat ! Supporter ! Maricon ! Schweinhund ! […] »

« Le cercle des impunis » – Paul Merault

« Il n’y a point de plus haute vengeance que l’oubli » (Baltasa Gracian, L’Homme de cour, 1647). Ça, c’est bien trouvé.