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« Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux. Autrement, ça s’appelle survivre. Toute mon enfance, j’ai survécu. Désormais, je veux vivre. Ou mourir.[…] J’ai servi d’esclave à ceux qui ignorent la pitié. J’ai apprivoisé la peur, la solitude. J’ai appelé au secours, j’ai perdu ma voix, mon innocence et ma dignité. J’ai appris le silence, le deuil et la servitude. J’ai détesté, et même haï. J’ai aimé, si fort que je me suis consumée de l’intérieur. »
Les psychopathes ne collectionnent pas que les meurtres. Celui qui a terrorisé Brighton, en 1997, avait une passion particulière : les chaussures de femmes, talons hauts uniquement, de marque de préférence. Après chaque agression, le fétichiste emportait, en guise de trophée, une culotte et un escarpin.
« Ben mon vieux ! À ce train-là, je te donne pas deux semaines avant de coucher avec elle. Et au final, elle va te broyer les couilles et te les rendre sous forme de sachet infusion.
Sandino s’imagine un instant au lit avec ce joli petit bouquet d’épines. »
« Six micros se braquent à une vitesse fulgurante sous son nez. Intimidé par cette attention soudaine, il bredouille.
– En ce qui concerne nos rapports, l’agent spécial Halliwell est très entreprenante et experte.
[…] Vince se mord la langue alors que le double sens de ses paroles lui apparaît dans sa plus atroce crudité.
– Euh… Pleine d’initiatives… »
« Elle n’envisage évidemment pas qu’il [son fils Milo, ndr] la tue physiquement. Elle pense plutôt que ce stress permanent qui ruine ses journées finira par la ronger de l’intérieur. Jour après jour, Milo creuse sa tombe. Elle ne sait pas si c’est la règle, ou si elle a vraiment tiré le gros lot, mais elle a fini par conclure que les enfants sont là pour détruire leurs géniteurs. Elle s’est fait tellement de mauvais sang pour son fils, qu’un jour son corps lui réclamera l’addition sous la forme d’un cancer ou d’un truc tout aussi grave et ravageur qui achèvera de lui pourrir la vie… »
« — Tes parents ne t’ont jamais dit de na pas te promener seul en ville ? C’est dangereux, tu sais.
Ses doigts se firent plus caressants.
— Ils auraient dû te prévenir. Cela leur aurait évité de perdre leur fils.
Il soulève l’enfant qui se débat mollement. — Tu sais que ça ne sert à rien. Allonge-toi là, sans faire d’histoires. »
« Il descendit le long de son corps, caressant ses seins de ses lèvres, puis les contours de son ventre, laissant courir sa langue dans sa douce toison blonde, goûtant à son humidité, la respirant. Un goût incroyable… Un parfum encore plus musqué et excitant que celui qu’elle portait. Elle gémissait. Dieu qu’elle avait bon goût, c’était une merveille. Son portable se mit à sonner. »
« Traitez-moi de snob, continua-t-il, une main sur le cœur, une expression de martyr sur le visage, mais je ne supporte pas de parler à ces putains de bouseux qui viennent ici pour faire ces petits boulots, qui laissent traîner leurs doigts dégoûtants sur le parquet en clignant de leur œil unique.
Il fourra d’autres cacahuètes dans sa bouche, agita la flûte de champagne.
– Je ne veux même pas les voir, ces singes. Je veux rester en haut à regarder Britney Spears se foutre à poil sur MTV, sans savoir que le débile débouche mes canalisations au rez-de-chaussée. »
« Sa mère priant pour son âme, son père pour qu’il arrête ses conneries, Mc Cash avait tué son enfance en couchant avec les filles des deux camps, sans distinction ni discernement. Il faisait des choses pas catholiques avec les protestantes, et vice versa, infiltrait l’ennemi par l’orifice, compensant son manque d’affection par une addiction féminine de tous les instants, quand la guerre et les bombes fratricides hurlaient autour de lui. Mc Cash […] rentrait la queue tordue à la maison, ivre le plus souvent, puant le sexe britton et la haute trahison. »