Étiquette : 2019Page 1 of 2
« [Son ami] ressemblait à une tête de Delco branchée sur une batterie de systèmes diagnostiques de la NASA. Les multiples écrans affichaient toutes les valeurs numériques que son corps était à même de produire. Il faisait le mort avec virtuosité. Le chirurgien qui avait extrait de son sternum les cinq balles de calibre .45 n’avait pas eu un pronostic très optimiste. »
« Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communier entre eux ? À s’organiser ? »
« Un scorpion grimpait sur sa manche et des centaines de carapaces chitineuses s’agrippaient dans ses cheveux, envahissaient son sweat-shirt. Une de ces abonimations tentait de se faufiler dans le conduit de son oreille. […] Ils la rongeaient tout doucement. Des milliers de coups de mandibules, et Kat sut qu’elle saignerait bientôt par tous les pores déchiquetés. »
« Ce qu’il y a d’extraordinaire avec le data, c’est que désormais nous pouvons trouver des millions d’aiguilles dans des milliards de bottes de foin. […] Les gens mentent. Par omission, par cynisme, par honte, par intérêt ou pour donner ou avoir une meilleure image d’eux-mêmes, ils mentent. À leurs amis, à leurs proches, à leur patron, à leurs collègues, et aussi aux psychologues et aux questionnaires, et bien sûr à eux-mêmes… Mais une fois euls et connectés, à l’abri des regards, ils partagent leurs frustrations sexuelles, leurs inquiétudes sur leur santé, leur haine des autres, tout ce qu’ils n’avoueraient pour rien au monde… […] Et que nous montre cette extraordinaire masse de connaissances nouvelles ? Un monde totalement différent de celui présenté par des générations entières de philosophes, de sociologues, de psychanalistes, d’écrivains, de théoriciens, d’idéologues. »
« L’oreille d’un type clignotait comme ces gadgets qu’on vendait les soirs de feu d’artifice. Une minicaméra était vissée sur son crâne. Dans le cou d’un gus, un tatouage rétroéclairé. Elle hallucina quand elle vit une plante intégrée dans la chevelure rousse d’une femme. Des corps mutilés aussi. Des chairs torturées, labourées de perforations, coupures, morsures… […] Les artistes enchaînaient les shows. Suspension par les seins, coups de fouet, plaies à vif. Ça frappait fort, ça claquait, ça saignait. »
Cet ouvrage a précédemment paru sous le titre « La Dernière Licorne » derrière le pseudonyme de Tobby Rolland.