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« – Et il existe des gens qui parviennent à faire ce que vous racontez ? À ne faire plus qu’un avec les serpents ?
– Je l’ai vu plusieurs fois
– Vous pouvez, vous ?
– Nan. J’ai été mordu plus de fois que je ne peux les compter. Mais j’ai vu un chef tribal tendre trois serpents noirs papous en travers du corps à demi nu d’une jeune fille. Elle était droguée, mais pas lui. Les serpents ne les ont pas touchés, ni elle ni lui. J’ai vu de jeunes indiens trimballer des cobras mortels des heures durant pendant que les sorciers-guérisseurs faisaient leurs trucs. […]
»
« Cette arrestation n’est qu’une putain de goutte d’eau dans l’océan de sa vie de merde, mais quelle goutte ! Celle qui donne envie de hurler, de se cogner à tête contre les murs jusqu’à oublier qui il est encore une fois… Est-ce qu’un mec lambda comme lui, un loser au passé déjà jonché de malheurs, peut vraiment être accusé des crimes d’un autre sans que personne s’interpose ? »
« Dobey semblait lointain, et pacifique, on le prenait pour quelqu’un de léthargique, alors qu’il tenait son quart avec des doigts de fer, dans ses grosses mains qui avaient la taille d’une paire de robustes gants de base-ball. On le disait cossard, alors qu’à l’instar de quelques rares sages il avait cette étrange faculté d’agir sans qu’on crût qu’il agît, sans qu’on s’en rendît réellement compte, sans bruit, sans mouvement précipité, sans éclat non plus, ce qui rendait à force son commerce vaguement engourdissant. J’aimais bien Dobey et Dobey m’aimait bien. »
« Sans compter ses accusations erronées, ses réactions inconsidérées, son air buté, oui, cet air buté qu’il avait parfois envie d’effacer d’une gifle, menant une guerre sans merci contre les démons rescapés d’un passé qui, aujourd’hui plus que jamais, le taraudaient d’un besoin de vengeance plutôt encombrant »
« D’un geste sec et précis, il lui disloque la mâchoire. Le hurlement de Cassagne explose, le monde tourbillonne autour de lui. Une brutale traction dans l’autre sens achève de briser l’articulation de la mandibule de de l’os temporal. Le craquement semble lui fracturer la tête de part en part. Son cri se mue en gargouillis tandis que sa mâchoire inférieure se détache. Centimètre après centimètre, elle est arrachée à son crâne […] »
« Lucas rendit le morceau de métal à Curtis et reporta son attention sur la montagne de débris. Il se demanda s’ils y retrouverait d’autres victimes. Du moins des fragments. C’était la beauté des ondes de chocs : elles éparpillaient le morceaux dans tout le périmètre, ce qui permettait aux enquêteurs de jouer à « Où est Charlie ? », édition spéciale Jeffrey Dahmer. » (*)
« Dites-moi ce que vous avez vu dans le parking du centre commercial, je vous prie.
– Je n’étais pas dans le parking, j’étais dans un magasin.
– Et de là vous avez entendu les détonations ?
– Non, ça, c’est depuis le parking.
Vassiliev plisse les yeux, il a du mal à saisir.
– Je sortais d’un magasin pour descendre reprendre ma voiture quand j’ai entendu les explosions, mais je n’ai rien vu, vous comprenez ?
– À peu près.
– Tant mieux.[…] »
« C’était un guerrier. Pas moi. Je suis un bagarreur. Il vivait pour la victoire tactique. Je vis pour pisser sur la tombe de l’adversaire. »
« Règle élémentaire face à six adversaires : être rapide. On doit passer le strict minimum de temps avec chacun. Ce qui implique de frapper chaque individu une seule fois. Parce que c’est le minimum. On ne peut pas frapper moins d’une fois. »