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« Il en est des destins comme des livres sacrés : c’est la lecture qui leur donne un sens. Le livre clos reste muet ; il ne parlera que lorsqu’il sera ouvert ; et la langue qu’il emploiera sera celle de celui qui s’y penche, teintée par ses attentes, ses désirs, ses aspirations, ses obsessions, ses violences, ses troubles. Les faits sont comme les phrases du livre, ils n’ont pas de sens par eux-mêmes, seulement le sens qu’on leur prête. »
« Le boulot du producteur, c’était de tenir la barre, de respecter les délais, même quand le monde entier se liguait contre lui. Le planning n’était jamais tenu et le budget continuait à exploser. Produire un film, c’était la promesse d’un merdier sans nom, avec des difficultés à tous les étages. Une météo récalcitrante, des accidents, des crises de nerfs, des tracasseries avec la bureaucratie locale, des dialogues à récrire, des acteurs névrosés, jaloux, insupportables, égocentriques, alcooliques, ou toujours en retard. Dieu les bénisse. »
« Ben mon vieux ! À ce train-là, je te donne pas deux semaines avant de coucher avec elle. Et au final, elle va te broyer les couilles et te les rendre sous forme de sachet infusion.
Sandino s’imagine un instant au lit avec ce joli petit bouquet d’épines. »
« Six micros se braquent à une vitesse fulgurante sous son nez. Intimidé par cette attention soudaine, il bredouille.
– En ce qui concerne nos rapports, l’agent spécial Halliwell est très entreprenante et experte.
[…] Vince se mord la langue alors que le double sens de ses paroles lui apparaît dans sa plus atroce crudité.
– Euh… Pleine d’initiatives… »
Dans une petite île danoise de la mer Baltique, le cadavre d’une jeune fille a été retrouvé à la fin des années 90, dans un arbre, son vélo broyé au bord de la route. Aucune trace du chauffard, affaire classée. Sauf pour un policier local qui finit, dix-sept ans plus tard, par faire appel à Carl Mørck, le chef du Département V. Avant de se tirer une balle dans la tête.
Grey débarque à Tokyo sans argent ni bagages dans le seul but de retrouver l’unique témoignage visuel des atrocités commises par les Japonais à Nankin en 1937. Perdue dans une ville où elle ne connaît personne, Grey accepte un emploi d’hôtesse dans un club de luxe. Parmi les clients, un vieillard en fauteuil roulant doit, paraît-il, sa longévité à un élixir qui suscite bien des convoitises.
« Noir. Quelque chose l’a réveillée. Tout à coup, Christine est sur son séant, à la tête du lit. Dans… l’obscurité ! Le noir complet ! Un vertige glacé, une sensation de chute… Elle tend la main vers la veilleuse. Tâtonne, fébrile. Actionne le bouton. Rien ne se passe. Une panne électrique… Noir. Quelqu’un a tiré les rideaux de la chambre et éteint les lumières de la salle de bains. Elle a du mal à respirer. Sa bouche, ses narines, ses globes oculaires s’emplissent de ténèbres, comme d’eau ceux d’un noyé. Elle suffoque, elle respire les ténèbres, elle les mange. »