Catégorie : Crumley

« La contrée finale » – James Crumley

« Il me donna un coup de pied dans le flanc avec ses chaussures de chantier. J’eus une seconde pour sentir mon bras droit et plusieurs côtes craquer avant qu’il ne me relève violemment et m’asène un direct en pleine face avec son poing de géant. Je sentis mon nez s’aplatir et plusieurs dents se briser. […] J’avais de la pisse qui me coulait sur la jambe, de la merde qui s’expulsait comme elle voulait, du sang plein les yeux. »

« Le dernier baiser » – James Crumley

« Le bâtiment en bois décati se dressait à cinquante mètres à l’écart de la route de Petaluma, et la Cadillac rourge décapotable de Trahearne était garée devant. À l’époque où la vieille route était neuve, avant qu’on la remodèle selon un tracé plus efficace, ce bar à bière faisait aussi station-service, et le fantôme fané d’un cheval rouge ailé hantait encore les vieux murs en bardeaux. Une petite harde de voitures abandonnées […] paissait plongée jusqu’au jarret dans le sorgho d’Alep et autres herbes folles, orbites énucléées de leurs phares rêvant de Pégase et de pointes de vitesse sur un ruban d’asphalte. L’endroit n’avait pas de nom, juste une enseigne passée qui promettait de la BIÈRE en grinçant sous son portique. Les vieilles pompes à essence à réservoir en verre n’étaient plus là depuis longtemps –sans doute parties ouvrir un magasin d’antiquités à Sausalito. »